“Une seule préoccupation : le quotidien des Bisontines et des Bisontins”
Post analysé : publication de Laurent Croizier (député MoDem, 1ère circ. du Doubs, colistier de Ludovic Fagaut) en soutien à la liste “Ensemble, Besançon Avance”, entre les deux tours des municipales 2026.
Qui est Laurent Croizier ?
Député MoDem de la 1ère circonscription du Doubs, conseiller municipal d’opposition à Besançon, allié à Ludovic Fagaut (LR) sur la liste commune “Ensemble, Besançon Avance”.
Sources : - France Bleu — Ludovic Fagaut et Laurent Croizier présentent une liste commune (service public) - macommune.info — Laurent Croizier s’allie à Ludovic Fagaut (neutre)
“Les écologistes consacrent les derniers jours aux invectives et aux arrangements avec l’extrême gauche”
Analyse
Les “arrangements” sont une fusion de second tour classique : 11 élus LFI sur 57, aucun poste d’adjoint, aucune vice-présidence, pas de fusion de programme. C’est le mécanisme démocratique standard de la Ve République.
Ironie : Laurent Croizier (MoDem) s’est lui-même “arrangé” avec Ludovic Fagaut (LR) alors que le MoDem et LR sont des partis distincts. C’est exactement le même mécanisme de fusion de listes qu’il dénonce chez l’adversaire.
Quant aux “invectives” : dans le débat France 3, les deux candidats s’invectivent mutuellement. C’est Ludovic Fagaut qui parle de “choix du déshonneur” [05:55], “accord de la honte” [05:58], “extrême gauche violente” [06:00] — des formulations tout aussi invectives.
Sources : - France Bleu — LFI obtient 11 places sans poste dans l’exécutif (service public)
“Une ville plus sûre”
Ce que disent les faits
- Besançon connaît une hausse réelle de la délinquance, mais de +4,4% (chiffre officiel préfecture), pas de 105% (sous-catégorie spécifique dont la source n’est jamais citée par Ludovic Fagaut).
- Le problème central est le narcotrafic (Besançon 3e ville de France parmi les +100k hab.) — un phénomène national qui touche des villes de toutes couleurs politiques.
- La solution phare (passer de 280 à 400 caméras) est contredite par la Cour des comptes (2020) : “Aucune corrélation globale n’a été établie entre vidéoprotection et niveau de délinquance.”
- La seule thèse de doctorat française sur le sujet (Guillaume Gormand, Grenoble-Alpes, 2017) : pas d’effet statistiquement significatif, 1 à 5% de contribution à l’élucidation.
- Nice a 4 000 caméras (mairie LR) et un taux de délinquance 2 fois supérieur à Besançon (280 caméras).
- La mendicité agressive est déjà un délit (art. 312-12-1 du Code pénal) sans besoin d’arrêté municipal supplémentaire.
Verdict
Le diagnostic sécuritaire est partiellement fondé (narcotrafic réel), mais la solution proposée (caméras) est contredite par la littérature scientifique et les rapports officiels. Aucun budget sécurité n’est chiffré dans le programme.
Sources : - Cour des comptes — Les polices municipales (2020) (officiel) - HAL — Thèse Guillaume Gormand (2017) (académique) - France Bleu — Délinquance en hausse de 4,4% dans le Doubs (service public) - France 3 — Besançon 3e ville narcotrafic (service public)
“Une ville plus facile à vivre et à circuler”
Ce que disent les faits
- L’étude officielle de Grand Besançon Métropole (mars 2025) montre : baisse de 2% du trafic automobile et +1min30 de temps de parcours moyen en heure de pointe. Pas un effondrement.
- Le pont de la République (point de crispation) : le pont alternatif (Robert-Schwint) est à 300 mètres seulement. Le détour est minime.
- Le vrai point noir identifié par l’étude : Place Leclerc (+30% le matin, +50% le soir) — un carrefour problématique indépendamment de la piétonnisation.
- Les projets d’infrastructure (Arena, Kursaal) n’ont aucun budget chiffré dans le programme.
- L’empreinte carbone de la fermeture du pont : ~100 t CO2/an, soit 0,05% des émissions transport. L’Arena proposée émettrait ~12 000 t CO2 rien qu’à la construction — 120 ans de surcoût du pont.
Verdict
Le ressenti de difficulté de circulation est réel pour certains usagers, mais l’étude officielle montre une dégradation modeste. Les solutions proposées ne sont pas chiffrées.
Sources : - France 3 — Étude embouteillages Besançon (service public) - CEREMA — Pont de la République (officiel)
“Une ville plus propre et plus fleurie”
Ce que disent les faits
- Besançon détient le label “3 fleurs” au palmarès Villes et Villages Fleuris. Elle a candidaté pour la 4e fleur en 2015 mais ne l’a pas obtenue. Les villes 4 fleurs du Doubs : Montbéliard, Mandeure, Saint-Julien-lès-Montbéliard.
- Besançon n’apparaît pas dans le palmarès 2025 “Ville Éco-propre” (label AVPU). Les villes 5 étoiles : Nice, Niort, Saint-Brieuc, Cannes, Metz, Antibes, Le Havre.
- Ludovic Fagaut propose une “brigade environnementale” pour verbaliser les infractions et un service d’enlèvement des encombrants — probablement la proposition la plus concrète et opérationnelle de son programme.
- Cependant, la ville a obtenu 4 labels EcoJardin (gestion écologique des espaces verts) sous la mandature actuelle. Le fleurissement actuel n’est donc pas inexistant.
Verdict
C’est le point le plus tangible du programme. La brigade environnementale est une mesure concrète. Le constat d’un manque de propreté et de fleurissement par rapport aux labels disponibles est recevable.
Sources : - macommune.info — Palmarès villes fleuries du Doubs (neutre) - macommune.info — 4e fleur pour Besançon ? (neutre) - macommune.info — 4 labels EcoJardin (neutre)
“Une ville de culture et de sport”
Ce que disent les faits
Besançon a déjà : - Le label “Ville Active et Sportive” au niveau 4 lauriers — la distinction maximale décernée par le Conseil National des Villes Actives et Sportives. - 114 clubs sportifs, 25 000 licenciés, budget sport amateur de 526 000€. - Le Palais des Sports Ghani-Yalouz (4 200 places). - Culturellement : la Citadelle (UNESCO), le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, le Kursaal, le CDN (Centre Dramatique National), la Rodia (musiques actuelles), le Frac, etc.
Le projet d’Arena (5 000+ places, partenariat public-privé) n’a aucun budget chiffré dans le programme public. Le coût d’une arena comparable (Arena du Pays d’Aix) : 49,6 M€ HT.
Verdict
Laurent Croizier laisse entendre que Besançon n’est pas une ville de sport et de culture. Les labels officiels disent le contraire : 4 lauriers (maximum) pour le sport, et une offre culturelle institutionnelle dense. L’Arena est un projet potentiellement intéressant mais non chiffré.
Sources : - macommune.info — Besançon labellisée Ville Active et Sportive (neutre) - Besançon Terre de Champions — Ville verte et sportive (officiel) - Batiactu — Arena du Pays d’Aix, 49,6 M€ (presse BTP)
“Une ville plus vivante”
Ce que disent les faits
Le concept est vague et non mesurable. Qu’est-ce qu’une ville “vivante” ?
Les indicateurs disponibles : - Besançon a gagné des habitants : 118 489 → 120 057 entre 2021 et 2022 (INSEE). - La fréquentation des transports en commun est en hausse (retour au niveau pré-Covid : 21 millions de voyages/an en 2023). - Les cyclistes sont en augmentation (+1 000/jour sur le pont de la République après sa piétonnisation, source CEREMA).
Verdict
Formule aspirationnelle sans contenu mesurable. Les indicateurs disponibles montrent une ville qui attire et dont les mobilités se développent.
Sources : - INSEE — Population Besançon 2022 (officiel) - CEREMA — Pont de la République (officiel)
“Une ville plus durable”
Ce que disent les faits
Besançon détient déjà des labels d’excellence environnementale : - “Territoire Engagé Transition Écologique” 5 étoiles (ADEME) — pour la 4e fois consécutive (2025). C’est le niveau maximum. - En 2012, Besançon a été la première ville française à recevoir le European Energy Award Gold — distinction que seules 40 villes en Europe détenaient (toutes en Autriche, Allemagne ou Suisse jusque-là). - 4 labels EcoJardin pour la gestion des espaces verts.
Le programme de Ludovic Fagaut propose de rouvrir un pont aux voitures et de construire une Arena de 5 000 places dont la construction émettrait ~12 000 tonnes CO2, sans jamais mentionner l’impact environnemental ni le chiffrer.
Verdict
Laurent Croizier reprend le mot “durable”, mais le bilan d’Anne Vignot en matière de labels environnementaux est objectivement le plus avancé de France pour une ville de cette taille. Aucune mesure environnementale concrète n’est détaillée dans le programme Ludovic Fagaut.
Sources : - ADEME — Territoire Engagé Besançon (officiel) - macommune.info — Label TETE renouvelé (neutre) - Energy Cities — Besançon (réseau européen)
Tableau récapitulatif
| Promesse Croizier/Fagaut | Ce que disent les faits | Labels/données existants |
| “Plus sûre” | Solution caméras contredite par la Cour des comptes. Aucun budget chiffré. | Narcotrafic = problème national, hausse globale +4,4% (pas 105%) |
| “Plus facile à circuler” | Étude officielle : +1min30 de temps de parcours, pas un effondrement. | Baisse de 2% du trafic, pont alternatif à 300 m |
| “Plus propre et fleurie” | Brigade environnementale = mesure concrète. Besançon a 3 fleurs (pas 4). | 4 labels EcoJardin existants |
| “De culture et sport” | Besançon a déjà le label 4 lauriers Ville Active et Sportive (maximum). | Arena non chiffrée. 114 clubs, 25 000 licenciés. |
| “Plus vivante” | Concept vague. La ville gagne des habitants (+1 568 entre 2021 et 2022). | Transports et vélo en hausse. |
| “Plus durable” | Besançon = 5 étoiles ADEME (max), 1ère ville française European Energy Award Gold. | Programme Ludovic Fagaut : aucun chiffrage environnemental |
Conclusion
Le post de Laurent Croizier repose sur des formules aspirationnelles (“plus sûre, plus propre, plus vivante”) sans chiffrage ni mesure concrète derrière la plupart d’entre elles, et en occultant que Besançon détient déjà : - Ville Active et Sportive 4 lauriers (maximum) - Territoire Engagé Transition Écologique 5 étoiles (maximum, ADEME) - European Energy Award Gold (1ère ville française) - 4 labels EcoJardin - 3 fleurs Villes et Villages Fleuris
Le seul point véritablement concret et opérationnel du programme est la brigade environnementale pour la propreté. Le reste relève du marketing politique.
Ce n’est pas un programme, c’est un slogan.
Analyse réalisée à partir de sources officielles (INSEE, Cour des comptes, CEREMA, ADEME, préfecture du Doubs) et de la presse locale et nationale. Orientation politique de chaque source identifiée.