Billet d'humeur de mars 2025

Quelques mouvements d'agacement

Quelques mouvements d’agacement

Je prends le temps d’écrire un peu après ces trois premiers mois de 2025 particulièrement mouvementés de mon côté (faisant suite à une fin d’année 2024 rock’n’roll aussi).

Je voulais parler de mes “mouvements d’agacement” qui arrivent régulièrement en observant autour de moi en ce moment. Cela ne veut pas dire que j’ai raison, que ces comportements sont déconnants, juste que ce sont des comportements qui me touchent, et m’agacent, et que ça parle de moi, j’imagine.

Le manque de responsabilisation

Je suis triste d’observer à quel point il y a un manque de responsabilisation dans les comportements que je vois (enfin, je trouve que ça manque de responsabilisation). J’ai l’impression de devoir “repasser derrière”, “vérifier”, “terminer le travail”, “penser aux choses à faire ‘obligatoires’ ou ‘légales’”, etc.

Je suis triste de voir qu’après plus de cinq ans, on est toujours au même point mois après mois : y’a pas de sous sur le compte du 97.

Et pourtant j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus d’activités, de gens qui passent, qui restent, mais toujours caisse vide… Actuellement le compte du 97 est à 0, vide, que dalle, et on doit payer le loyer et les charges d’avril qui arrivent, les 300 euros du changement de bail, etc. Je ne comprends pas, et je me dis que pourtant c’est pas compliqué : il faut 1600 euros/mois ; si on ne les a pas, on ferme.

Une question de conscience collective

Alors je me suis laissé aller à un rapide calcul, une représentation de pourquoi ça ne marche pas. Je pense qu’en fait, il y a un souci de conscience, de responsabilisation. Si on prend les réguliers : Christine, moi, La Pive, Armand, May, Evan, Hugo, Dominique, Guillaume, Fanny, et qu’on dit aléatoirement qu’on donne 100 euros par mois, alors on est tout juste à 1000 euros sur 1600 !

Et là je ne compte pas les légumes ou ingrédients mis dans les papottes ou le repas du vendredi qui (dans ma représentation actuelle) sont financés par Alusage à 100 %, et pourtant on est 10 à 15 par tablée ! Contribution au lieu : presque 0.

Les événements : convivialité sans retour ?

Si on prend aussi les assos, les événements et les gens qui viennent utiliser les lieux, pareil : ils viennent manger le vendredi, on discute, on regarde ce qu’on peut faire, ils organisent un événement et après, que dalle… 0 contribution (ou presque).

Un menu du jour pas cher, c’est 10 balles minimum !

(Rapide calcul : 15 personnes le mardi et 15 le vendredi × 4 semaines × 10 balles = 1200 balles ! Allez, on demande même que 5 euros, ça fait 600 balles par mois !)


Exemples parlants

Un autre exemple : 200 nems selon les forces de police, 350 selon les manifestants (merci Marie ;) !) préparés et mangés au repas commun — à 1 euro le nem, ça fait 200 balles — et on peut même se dire, vu que c’est du commun et qu’on a passé une bonne journée, que c’est 0,50 centimes le nem (ou à 1,50 euros !)… Ça fait quand même 100 balles pour une animation !

Et je ne parle pas du temps passé à changer le bail, trouver une assurance, aller chercher du PQ et du café et de l’huile, les recommandés, payer le loyer et tout ce qui est de la contribution en temps : pour ranger, bricoler, changer les lieux, réparer la connexion internet, décorer pour Noël, pour Pâques, organiser les outils, la conciergerie, parler aux gens, expliquer, réexpliquer, etc.

Ça ne tient pas sans nous

Oui, le 97 c’est tout ça, et moi ça me frustre de voir que ça ne se finance toujours pas sans Christine et moi (c’est un constat).

Depuis ce début d’année, j’ai pris un contrat de 15h par semaine (en plus de mon travail de d'habitude) pour garantir de pouvoir payer mon salaire et le 97, parce que je tiens à ce lieu (et ça me rassure aussi), et je pensais que les autres aussi.

Mais tenir à un lieu, c’est à mon sens aussi tout faire pour le conserver.

Je fais tout ce qui est nécessaire à mon sens pour garder ce lieu et pour faire avancer mon projet d’atelier (en plus du reste). C’est comme ça que je fonctionne, j’y peux rien. Par contre, je fais attention à moi, et je saurai m’arrêter, ce qui actuellement signifie fermeture du 97 si c’est le cas.

Énergie et déséquilibre

Actuellement, on met 700 euros minimum par mois + presque 80 de bouffe par semaine.

Les écrans du bas, ordis et équipements réseau ont été financés par mon autoentreprise ; les meubles, aménagements par moi et quelques coopérateurs ; la plupart des événements du 97 sont initiés par moi et Christine !

Je sens qu’il y a du besoin, de l’énergie dans ce lieu vu le nombre de gens, mais je ne ressens pas d’implication, de contribution aux communs.

La consommation sans conscience

Ce que je ressens, c’est un agacement à la consommation sans se soucier du risque de voir ce lieu être fermé.

C’est profiter sans prendre la responsabilité que ça continue. C’est utiliser des lieux sans demander, sans se soucier des suivants: Un peu agir illégalement en toute impunité.

(On en parle des gens qui se baladent avec un gros pétard dans la rue, ou avec la musique à fond, ou le tel à fond + caméra, et personne ne trouve ça mal placé ?)

Critiques et immobilisme

Ce que je ressens aussi, c’est des gens qui critiquent, qui ont des idées et qui gueulent sans agir.

Et ça me rend triste, ça m’agace (et bizarrement, ça me donne de l’énergie aussi).

Je crois que ce qui me touche, et m’énerve, c’est de ne pas être content mais attendre que ça change sans rien faire, en se cachant derrière "la responsabilité de l’autre".

J’ai le même sentiment d’immobilisme avec la politique :

l’opposition tape sur la majorité, la majorité se justifie pour contrer, sans proposer d’action et enfin faire ensemble, ni rechercher le besoin réel de citoyens, ni même les consulter.

L'agression du quotidien

Et cerise sur le gâteau (ce qui m’a sûrement fini !) :

  • vol de deux arbres dans le jardin,
  • atelier braqué,
  • devant du 97 saccagé (mégots, crottes de chien, détritus),
  • sapin de Noël volé, guirlandes arrachées…

“On se casse la tête à mettre de la vie, partager, faire des communs” et les gens viennent piquer, salir, détruire.

Un ras-le-bol énergique

Voilà, je vous partage ce que je ressens en ce moment. J’ai l’énervement qui pointe, la boule au ventre. Pour vous rassurer : je vais bien et je suis heureux. Ce qui n’empêche pas que j’aie des mouvements d’énervement, je gueule :)

Une putain d’impression de devoir terminer les choses (les miennes et celles des autres), qui me chuchote :

“Mais pourquoi il est parti sans essuyer et ranger la vaisselle…”

J’aime ce lieu, mais…

J’adore ce lieu, j’adore ce qu’il s’y passe, je suis heureux, j’apprécie tous les gens qui sont là sans exception.

Et j’ai toujours ces moments d’énervement (qui ne durent pas…) sur :

“Ça ne se fait pas tout seul, quand est-ce que les gens vont comprendre que ça ne tombe pas du ciel.”

Je crois aussi que j’en ai marre de voir des gens faire des infractions sans aucun risque : fraude, drogue, violence, vol… Ça me touche, c’est comme ça.

1000 idées, pas assez de temps


Des fois j’aimerais pouvoir claquer des doigts, figer tout (sauf moi) et pouvoir traiter les 1000 idées que j’ai pour changer le monde, changer mon quotidien (qui est déjà très bien !), accélérer, aider, partager, créer des communs.

Je crois que c’est ça le fond du problème : m’apercevoir que je n’aurai peut-être pas le temps de faire tout ce que je veux sur cette Terre,

et avoir l’impression que c’est à cause des autres, car je suis obligé de les “aider”, les “materner”, “faire à leur place”, et que ça me prend tout mon temps.

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