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J'ai analysé l'interview de Séverine Véziès (LFI)

Municipales Besançon 2026

En tant que citoyen de Besançon, je me suis donné pour mission d'analyser en détail les programmes des candidats aux municipales. J'ai visionné l'interview complète de Séverine Véziès, candidate La France Insoumise, et j'ai vérifié systématiquement ses affirmations en croisant avec les sources publiques disponibles.

Voici mon analyse factuelle et critique, avec tous les liens pour que vous puissiez vérifier par vous-mêmes.

Vidéo analysée : Municipales à Besançon 2026 : Grand entretien avec Séverine Véziès

Ajout du 12 mars 2026

Suite à la publication de cette analyse, Séverine Véziès a répondu en apportant des précisions importantes sur le chiffrage de son programme. Par souci de transparence et d'objectivité, j'intègre ici ses explications et les confronte aux éléments factuels en fin d'article.

Synthèse de mon analyse

Sur les principales affirmations que j'ai pu vérifier :

CatégorieNombre
Affirmations que je considère vraies4
Affirmations partiellement vraies ou estimables4
Affirmations que je considère fausses, trompeuses ou incohérentes2
Mesures non chiffrées publiquement (mais chiffrées dans les médias)3
Chiffrage existant mais inaccessible au publicBudget global (78 M€ + 17 M€)

Les problèmes majeurs :

  1. Une affirmation centrale sur la vidéosurveillance (Nice/Nîmes +80% trafic) repose sur des statistiques que je n'ai pas pu vérifier et qui semblent contredites par les sources officielles
  2. Incohérence sur le coût des transports gratuits : Véziès annonce 11 M€ dans l'interview, mais LFI Besançon communique 8 M€ à France Bleu (écart de 3 M€ non expliqué)
  3. Absence de mécanismes de financement : Aucune précision sur le versement mobilité, les arbitrages budgétaires ou les sources de financement (contrairement à d'autres villes LFI comme Le Mans)
  4. Chiffrage inaccessible au public : Selon la presse, le programme serait "chiffré" (78 M€ investissement, 17 M€ fonctionnement), mais ces chiffres n'apparaissent ni sur le site web, ni dans le PDF de 59 pages, ni dans l'interview de 43 minutes. Comment voter en connaissance de cause sans accès à ces données ?

Qui est Séverine Véziès ?

À 0:30, la candidate se présente : 52 ans, mariée, 2 enfants, enseignante. Elle a habité longtemps dans le quartier Batan, ses enfants ont été scolarisés à Champeron et La Renée. Son engagement politique date de 2012 avec la découverte de Jean-Luc Mélenchon. C'est sa première fois en tête de liste aux municipales.

Son programme repose sur 4 piliers, 30 engagements et 200 mesures 1:49. Un programme qu'elle dit "détaillé et chiffré". Voyons ce qu'il en est.

Priorité n°1 : La cantine gratuite - Mais combien ça coûte ?

À 2:17, Séverine Véziès annonce sa priorité absolue :

"Ma priorité numéro 1, c'est la cantine bio et 100% gratuite."

Pour justifier cette mesure, elle cite à 2:33 un chiffre marquant :

"23% des ménages bisontins vivent sous le seuil de pauvreté."

Ma vérification

J'ai cherché dans les données INSEE. Selon l'étude INSEE publiée en septembre 2024 (données 2021), le taux de pauvreté "dépasse 20% dans les grands centres urbains de Bourgogne-Franche-Comté, dont Besançon". Le chiffre exact de 23% n'apparaît pas tel quel, mais l'ordre de grandeur est correct.

Elle ajoute à 2:42 :

"83% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le Grand Besançon habitent à Besançon."

Ma vérification détaillée

Je n'ai pas trouvé ce chiffre exact de 83% dans les publications INSEE. Cependant, la concentration massive de la pauvreté dans la ville-centre de Besançon est très bien documentée :

Selon l'INSEE (Pauvreté dans le Grand Besançon, 2014) :

"Sur les onze secteurs de l'agglomération bisontine caractérisés par une précarité monétaire et sociale plus forte, dix se situent à Besançon."

"Au sein de la CAGB, Besançon se distingue des autres communes par un revenu médian plus faible et des disparités sociales plus marquées : dix des onze secteurs où résident les ménages aux revenus les plus faibles se situent dans la capitale."

Ségrégation résidentielle (INSEE Flash BFC, 2015) :

"Besançon figure parmi les unités urbaines caractérisées par une forte surreprésentation de la population « aisée » dans les communes de banlieue et des ménages à bas revenus dans la ville-centre. L'aire urbaine de Besançon se caractérise par un niveau élevé de ségrégation résidentielle qui la place au 10e rang national."

Phénomène national (INSEE Première, 2015) :

  • Taux de pauvreté villes-centres : 21,1%
  • Taux de pauvreté couronnes périphériques : 10,6%
  • 36,3% des pauvres de France vivent dans les villes-centres

Verdict : Le chiffre de 83% n'est pas vérifié, mais l'affirmation sur la forte concentration de la pauvreté à Besançon (vs périphérie) est totalement exacte et documentée. 10 secteurs pauvres sur 11 à Besançon = environ 90%, donc l'ordre de grandeur est cohérent.

Quel coût ? Séverine Véziès ne le dit pas, mais on peut l'estimer

Elle ne donne pas le coût dans l'interview, mais j'ai cherché des données comparatives.

Exemples de villes :

  • Lille (234 000 habitants) : coût estimé 7 millions €/an (IFRAP)
  • Drancy-Le Bourget : 1,1 M€ (mais économies de 600 000€ en frais de gestion)

Programmes LFI pour les municipales 2026 dans d'autres villes :

Pour Besançon (120 000 habitants), mon estimation initiale de 3 à 4 millions €/an est donc cohérente avec le chiffre de 2 M€ annoncé par LFI localement à France Bleu, mais Véziès ne donne pas ce chiffre dans l'interview.

Selon Opti-Marché, le prix moyen d'un repas est de 3,80€, dont 2,70€ à 3,30€ payé par les familles. La gratuité représente ce manque à gagner multiplié par le nombre de repas annuels.

Pour un budget municipal de Besançon d'environ 360 M€, cela représenterait environ 0,5 à 1% du budget. C'est significatif, mais pas irréaliste.

Le bio local, ça existe déjà en Bourgogne-Franche-Comté !

Séverine Véziès parle à 25:04 de "coopérative maraîchère et légumerie" pour approvisionner les cantines bio. Est-ce une utopie ?

Non, des expérimentations sont en cours dans la région !

Selon macommune.info, la région Bourgogne-Franche-Comté a mené une expérimentation réussie :

  • 2023-2025 : test dans 21 lycées de Dijon et Besançon
  • Résultat : part bio+local passée de 34% à 43% en 2 ans
  • Extension prévue en 2025 à 20 lycées supplémentaires

Autres exemples en France :

  • L'Union (Toulouse) : ferme maraîchère municipale bio couvrant 85% des besoins des cantines (L'insoumission)
  • Alizay (Normandie) : cantine 100% bio depuis 2024
  • Épinal : cultive ses propres légumes depuis 2 ans

Loi Egalim : Depuis janvier 2024, obligation légale de 50% produits durables dont 20% bio (Ministère Agriculture)

Mon analyse

La proposition de cantine bio gratuite n'est pas une utopie :

  • ✅ Le coût est estimable (3-4 M€) et gérable
  • ✅ Des expérimentations réussies existent dans la région
  • ✅ La loi Egalim impose déjà 50% de produits durables

CE QUI MANQUE : Séverine Véziès aurait dû donner ces chiffres et exemples dans l'interview pour rassurer sur la faisabilité.

Transports gratuits : Des chiffres... mais sont-ils justes ?

La proposition progressive

À 3:39, elle détaille une gratuité progressive :

  1. D'abord les moins de 25 ans
  2. Ensuite les privés d'emploi
  3. Puis les actifs et retraités à faibles revenus
  4. Objectif final : gratuité totale

C'est une approche phasée qui semble réaliste. Mais voici où ça devient intéressant.

À 5:32, elle annonce :

"Le budget du Grand Besançon Métropole, c'est 388 millions d'euros. Le coût de la gratuité totale, c'est environ 11 millions d'euros."

Ma vérification

J'ai vérifié le budget de GBM. Selon Plein Air (11/03/2026) et Hebdo 25, le budget 2026 est effectivement de 388 millions d'euros. ✅ Ce chiffre est exact.

Pour le coût de 11 millions, je n'ai pas trouvé de document public de GBM confirmant cette estimation. Ce serait environ 2,8% du budget total, ce qui semble plausible, mais je ne peux pas le vérifier avec certitude.

Incohérence dans les chiffres LFI

Problème : Dans l'interview, Véziès annonce 11 millions €, mais selon France Bleu Besançon, LFI Besançon chiffre la gratuité des transports à 8 millions €.

Écart de 3 millions € (27% de différence) sans explication. Quelle est la bonne estimation ?

Comparaison avec d'autres métropoles

Programmes LFI et autres villes pour 2026 :

  • Le Mans : 16,5 à 17 millions € de perte de recettes tarifaires (France Bleu Maine)
  • Montpellier : 29 à 42 millions €/an selon les sources (France Bleu Hérault)
  • Besançon : 8 à 11 millions € (selon les sources LFI)

Comment finance-t-on les transports publics en France ?

Selon The Conversation et Vie Publique, les transports publics sont financés par 3 sources principales :

  1. Versement mobilité (ex-versement transport) : Contribution des entreprises de +11 salariés, calculée sur la masse salariale
  2. Recettes tarifaires : Billets payés par les usagers (41% en moyenne, 45% en Île-de-France)
  3. Subventions publiques : Collectivités, État, Région

Exemple concret au Mans : La candidate LFI propose d'augmenter le versement mobilité de 0,75% à 0,95% pour compenser intégralement la perte des recettes tarifaires (France Bleu Maine).

Les réserves de la Cour des Comptes

La Cour des Comptes a émis des réserves critiques sur la gratuité totale des transports :

"Ces initiatives font porter un risque de surcharge financière pour les collectivités"

Selon The Conversation, le versement mobilité devient "la variable d'ajustement" dans les villes ayant choisi la gratuité.

État des lieux national : 49 villes ou collectivités ont adopté la gratuité, bénéficiant à près de 3 millions de personnes.

Le chiffrage complet existe... mais n'est pas accessible au public

Selon Hebdo25 et France Bleu Besançon, le programme "Faire Mieux pour Besançon" serait "le premier programme chiffré" de la campagne municipale, avec des chiffres détaillés :

Budget global du programme :

  • Investissements : 78 millions € sur 7 ans (compatible avec la capacité d'autofinancement de 15 M€/an de Besançon)
  • Fonctionnement supplémentaire : 17 millions € à terme (dont transports)

Coûts des mesures phares :

  • Transports gratuits : 8 millions €/an
  • Cantines gratuites : 2 millions €/an

J'ai vérifié le site web officiel et le programme PDF

J'ai analysé en détail le site fairemieuxbesancon.fr et téléchargé le programme complet en PDF (59 pages) pour vérifier si ces chiffres y figuraient.

Ce que j'ai trouvé dans le programme PDF de 59 pages :

  • ✅ Budget participatif : 250 000 € actuellement → 1 million € dès la 1ère année → 6 millions € en fin de mandat
  • ✅ Pass sport-culture : 300 € par enfant de 4 à 18 ans
  • ✅ Micro-financement associatif : 100 à 1 000 € (décision sous 15 jours)
  • ✅ Mentions des mesures "transports gratuits" et "cantine gratuite" (sans coût associé)

Ce que je N'AI PAS trouvé dans le programme officiel :

  • ❌ Les 78 millions € d'investissement total
  • ❌ Les 17 millions € de fonctionnement supplémentaire
  • ❌ Les 8 millions € pour les transports gratuits
  • ❌ Les 2 millions € pour les cantines gratuites

Verdict : Le "programme chiffré" dont parle Hebdo25 n'est pas accessible au grand public. Les chiffres budgétaires majeurs ne figurent :

  • ❌ Ni sur le site web fairemieuxbesancon.fr
  • ❌ Ni dans le PDF de 59 pages du programme
  • ❌ Ni dans l'interview de 43 minutes de Séverine Véziès

Seuls les journalistes semblent avoir eu accès à ces données, probablement via un dossier de presse ou une communication orale.

Ce qui manque toujours :

  • Quel budget exact pour les transports ? 8 M€ (programme écrit) ou 11 M€ (interview) ? Écart de 3 M€ non expliqué
  • Versement mobilité ? Va-t-elle l'augmenter comme au Mans (0,75% → 0,95%) ? De combien ? Quel impact sur les entreprises ?
  • Subventions ? État/Région ? Montants ?
  • Quels arbitrages budgétaires ? Si on investit 78 M€ + 17 M€ de fonctionnement supplémentaire, sur quelles dépenses fait-on des économies ?
  • Quel calendrier financier ? Montée en charge année par année du phasage progressif

En tant qu'électeur, j'ai besoin de cette transparence pour voter en connaissance de cause. Un programme qui se dit "chiffré" mais dont les chiffres principaux ne sont accessibles ni au grand public ni même mentionnés dans une interview de 43 minutes, ce n'est pas de la transparence démocratique.

Logement : Des positions radicales qui interrogent

L'écoquartier des Vêtes : Non catégorique

À 10:28, Séverine Véziès s'oppose fermement au projet :

"Des logements en R+10 aux abords d'une zone humide, avec des problèmes de circulation de l'eau."

À 11:12, sa contre-proposition :

"Un parc naturel des Vêtes. Pas de logements sur cette zone."

Les démolitions de Planoise : Le chiffre exact

À 14:10, elle affirme :

"1190 logements sociaux détruits à Planoise et Brulard."

Ma vérification

J'ai cherché dans la presse locale. Selon Le Journal du Palaismacommune.info et France 3 Régions, le programme ANRU prévoit effectivement la démolition de 1 190 logements sociaux. ✅ Ce chiffre est exact.

À 12:10, sa position :

"Il faut arrêter de détruire et réhabiliter plutôt que démolir."

Le Programme Local de l'Habitat (PLH)

À 14:19, elle propose :

"Les constructions qui sont prévues dans le cadre du PLH 2024-2029, nous on propose la construction de 300 logements supplémentaires par rapport au PLH."

Elle ne dit pas "seulement 300 logements", elle dit "300 logements EN PLUS du PLH actuel" !

Les vrais chiffres du PLH 2024-2029

Selon macommune.info et Hebdo25, le PLH adopté en décembre 2023 prévoit :

  • 900 logements/an pour le Grand Besançon
  • 50% pour Besançon = 450 logements/an
  • Sur 6 ans = 2 700 logements pour Besançon

Dont logements sociaux :

  • 110 logements sociaux/an
    • 70/an pour reconstitution démolitions Planoise
  • 180 logements sociaux/an × 6 ans = 1 080 logements sociaux

Le vrai bilan avec la proposition Véziès

Avec sa proposition :

  • PLH : 2 700 logements
    • Véziès : 300 logements
  • 3 000 logements au total

Démolitions vs Reconstitution :

  • Démolitions Planoise : 1 190 logements
  • Reconstitution PLH : 70/an × 6 = 420 logements
  • Avec proposition Véziès : 420 + 300 = 720 logements

Bilan : Il manque encore 470 logements pour compenser les démolitions (1 190 - 720 = 470).

Mon analyse

Elle ne propose pas "seulement 300 logements" mais bien "PLH + 300".

MAIS le problème reste partiellement :

  • ❌ Refus de l'écoquartier des Vêtes (extension urbaine)
  • ❌ Opposition aux démolitions à Planoise
  • ✅ PLH + 300 logements = 3 000 logements (bon)
  • ⚠️ Mais manque encore 470 logements pour compenser les démolitions

La demande de logement social reste forte selon le PCF et AGC.

Sécurité : L'affirmation qui ne tient pas

Police municipale désarmée

À 16:22, position claire :

"Je suis opposée à l'armement létal de la police municipale. Elle doit avoir des missions préventives uniquement."

Cette position est cohérente avec la ligne LFI. Mais c'est sur la vidéosurveillance que ça coince.

Vidéosurveillance : Des chiffres très problématiques

À 20:05, elle cite un exemple :

"Nice et Nîmes, les villes avec le plus de caméras en France, ont connu +80% de trafic en 5 ans et +20% de violences en 5 ans."

Ma vérification approfondie

Partie 1 : Les villes les plus vidéosurveillées

Selon Companeo et La Gazette des Communes :

  • Nice : Plus de 4 000 caméras (champion de France)
  • Nîmes : 2ème ville, 445 caméras pour 150 000 habitants

✅ Cette partie est exacte.

Partie 2 : L'évolution de la délinquance

J'ai cherché les statistiques officielles. Voici ce que j'ai trouvé :

À Nîmes : Selon les données disponibles, sur 20 ans on observe une baisse de 45% des cambriolages et de 64% des vols violents (source). En 2019, 690 arrestations ont été permises grâce aux caméras.

À Nice : La criminalité a augmenté de 5% en 2022, pas de +20% sur 5 ans.

Concernant le trafic : Je n'ai trouvé aucune source mentionnant "+80% de trafic en 5 ans" dans ces villes.

Note importante : La Cour des comptes souligne qu'"en l'absence d'études statistiques et d'évaluations indépendantes, l'efficacité de ces politiques est débattue" et qu'il n'y a "pas de corrélation globale entre vidéosurveillance et niveau de délinquance".

Mon constat : Affirmation très probablement fausse

Les chiffres de "+80% de trafic" et "+20% de violences" ne sont corroborés par aucune source publique que j'ai pu trouver. Pour Nîmes, c'est même l'inverse : la délinquance a baissé.

Question méthodologique importante : Même si ces chiffres étaient exacts, on ne pourrait pas en tirer de conclusion causale. Comme le souligne la Cour des comptes, il est impossible d'isoler l'effet des caméras des autres facteurs :

  • Augmentation ou diminution des effectifs de police
  • Évolution des patrouilles et du contrôle de proximité
  • Changements socio-économiques dans les quartiers
  • Variations dans le signalement des délits (plus de caméras = plus de gens qui portent plainte ?)
  • Autres mesures de sécurité mises en place simultanément

Corrélation n'est pas causalité : On ne peut donc pas attribuer une hausse ou une baisse de la délinquance aux seules caméras.

À 21:03, elle précise :

"Je ne démonterai PAS les 200+ caméras existantes. Mais moratoire sur nouvelles installations."

Cette position est plus nuancée qu'un refus total.

Police municipale : L'exemple de Brest

À 21:53, elle cite un exemple :

"À Brest, il n'y a pas de police municipale. Je ne crois pas que les Brestois soient moins bien en sécurité."

✓ Vérification : Brest sans police municipale

Ce que j'ai vérifié :

Selon France 3 Bretagne et Le Singulier :

  • Brest était la seule ville de France de plus de 100 000 habitants sans police municipale
  • Le maire PS François Cuillandre s'était "toujours opposé" à sa création
  • MAIS : Le 6 janvier 2026, Cuillandre a promis de créer une PM de 50 agents s'il est réélu en mars 2026

✅ Verdict : VRAI - Brest n'a pas de PM

L'affirmation est exacte : Brest n'a effectivement pas de police municipale.

Note : Si Cuillandre est réélu, Brest aura une PM dès 2026 (équipée d'armes non létales et caméras-piétons).

Comparaison délinquance Brest vs Besançon

Ce que j'ai vérifié :

Selon Ville-data.com BrestCaCraint Besançon et Bien-dans-ma-ville :

VillePopulationCrimes/délits 2024Taux pour 1000 habClassement sûreté
Brest (sans PM)140 9936 20560,6‰223e/366 (plus dangereux)
Besançon (avec PM)120 0574 45447,2‰129e/366 (plus sûr)

Écart : Brest a un taux de criminalité 28% plus élevé que Besançon.

Évolutions :

  • Brest : Baisse de 8% de la délinquance (2024)
  • Besançon : Cambriolages passés de 258 (2023) à 229 (2024)

Nuance méthodologique importante

On ne peut PAS conclure que la différence est due à la police municipale, car :

  • Contextes socio-économiques différents (pauvreté, chômage)
  • Effectifs de police nationale différents
  • Taille et densité urbaine différentes
  • Brest a quand même une brigade de tranquillité urbaine (créée à défaut de PM)
  • Facteurs culturels et géographiques (Bretagne vs Franche-Comté)

Corrélation n'est pas causalité : Besançon est plus sûre que Brest, mais attribuer cela uniquement à la PM serait méthodologiquement incorrect.

Économie : Le localisme intégral

Opposition radicale aux zones commerciales

À 28:20 :

"Opposition à toute nouvelle zone commerciale. Favoriser le localisme et le petit commerce."

Des propositions d'économie sociale

À 25:46, la coopérative immobilière :

"Rachat de locaux commerciaux vides, bail tremplin sur 3 ans avec loyer modéré pour artisans et petits commerces."

À 27:02, le dispositif anti-chômage :

"Participation au dispositif 'Territoires zéro chômeur longue durée'."

Vérification : Les coopératives immobilières, ça existe ?

À 25:44, elle propose :

"On va développer une coopérative immobilière chargée de racheter les locaux commerciaux vides."

Ce que j'ai vérifié :

1. Villages Vivants (SCIC) - Modèle coopératif citoyen rural

Selon Revue Silence, cette coopérative achète, rénove et loue des locaux commerciaux avec :

  • Financement : 1,8 M€ (2020) + 5,3 M€ (2021), dont 400K€ d'investissement citoyen
  • Résultats : 13 opérations, 4,3 M€ investis, 39 emplois créés/maintenus en 5 ans
  • Exemples : Le Pétassou (Lozère), La Machine (Drôme), Aouste-sur-Sye (1M€ investi)

2. Foncières de revitalisation - Modèle collectivités + Banque des Territoires

Selon Petits Commerces et Banque des Territoires :

  • 72 foncières créées depuis 2020
  • 1 200 locaux en cours de rénovation dans 85 communes
  • Exemples : Semaest à Paris (700 commerces installés), Grenoble, Brest, Béziers, Pays de la Loire

Problèmes identifiés :

  • ❌ Déficit structurel : 15 à 50% du coût du projet, nécessite subventions (30 000€/opération en moyenne)
  • ❌ Complexité : acquisition coûteuse, propriété fragmentée, projets long terme
  • ❌ Attentes irréalistes : les élus doivent clairement définir les objectifs

✅ Verdict : VRAI - Le modèle existe et fonctionne

Des coopératives et foncières achètent effectivement des locaux commerciaux vides en France. Le modèle est validé par 72 foncières actives et plusieurs coopératives citoyennes.

❓ Ce qui manque : Aucun chiffrage du coût pour Besançon. Combien de locaux vides ? Quel budget municipal ?

Culture : Du zoo au sanctuaire

La transformation de la Citadelle

À 29:22, position éthique assumée :

"Au 21ème siècle, on n'a plus le droit de faire payer des gens pour aller voir des animaux en cage. C'est digne d'un autre temps."

La proposition : transformer le zoo en sanctuaire de préservation, sans exploitation commerciale.

À 30:30, sur les lémuriens (spécialité de Besançon) :

"Il faut étudier et voir comment faire pour que les animaux soient dans un espace respectueux de leur existence."

Pas de décision tranchée, ce qui est honnête.

Opposition au Zénith/Arena

À 32:44 :

"Je suis opposée aux projets grandiloquents et aux partenariats publics-privés."

À la place à 33:20 :

"Un tiers-lieu culturel avec espaces modulables pour faire naître une culture populaire et locale."

Vérification : Les zoos transformés en sanctuaires, ça existe ?

Ce que j'ai vérifié :

Campagne Code Animal : Selon Code Animal, une campagne "Créons des sanctuaires en France !" demande la transformation des 3 zoos publics (Ménagerie de Paris, Zoo de Vincennes, Parc de la Haute Touche) en structures refuge/sanctuaire. La France n'a pas d'organisation publique pour gérer les mouvements d'animaux sauvages saisis ou abandonnés.

Exemples de sanctuaires existants :

  • Refuge de l'Arche : Depuis 50 ans, accueille près de 1 000 animaux exotiques sauvages saisis ou abandonnés (cirques, labos, zoos, trafic illégal) - (Refuge de l'Arche)
  • Parc animalier Sud Gironde (Landiras) : Se définit comme sanctuaire/refuge

Verdict : PROPOSÉ mais PAS RÉALISÉ en France

Des sanctuaires existent (Refuge de l'Arche), mais aucun zoo public n'a été transformé en sanctuaire. La proposition est portée par des associations mais non mise en œuvre.

❓ Ce qui manque : Aucun chiffrage du coût de transformation pour le zoo de la Citadelle.

Vérification : Les tiers-lieux culturels, ça existe ?

À 33:20, elle propose :

"Un tiers-lieu culturel avec espaces modulables pour faire naître une culture populaire et locale."

Exemples de tiers-lieux culturels en France :

Selon VisitParisRegion et Région Île-de-France :

  • Le Shakirail (Paris) : Espace modulable avec concerts, ciné-club, ateliers artistes
  • Le 6B (Saint-Denis) : 3 000 m² concerts, expos, performances (ancien site industriel)
  • La Cité Fertile (Pantin) : Tiers-lieu culturel en transition écologique
  • TCRM-Blida (Metz) : 25 000 m² inauguré en 2014

✅ Verdict : VRAI - Le modèle existe

Les tiers-lieux culturels modulables existent et fonctionnent dans plusieurs villes françaises.

❓ Ce qui manque : Aucun chiffrage du coût de création pour Besançon.

Social : L'inclusivité affichée

La boutique Jeanne Antide : Une controverse réelle

À 34:32, formule forte :

"La pauvreté ne se déplace pas, la pauvreté se combat."

Vérification : La controverse Fagaut/Boutique Jeanne Antide

Ce que j'ai vérifié :

Selon macommune.infole 27 février 2026, Ludovic Fagaut a affirmé lors d'une conférence de presse que la Boutique Jeanne Antide était "saturée" et que ses responsables "ne savent plus comment faire".

Philippe Cholet, président de l'association, a contesté ces propos dans une lettre adressée à Fagaut le 2 mars 2026 (dont une copie a été transmise à la presse), réfutant formellement ces déclarations (macommune.info).

Contexte : Installée rue Battant depuis 1996, la structure est critiquée par des collectifs de riverains et commerçants qui dénoncent qu'"essentielle" mais "sous-dimensionnée", elle contribue maintenant à "étouffer le quartier".

Position Fagaut (macommune.info) : "Besançon ne sera plus le dépotoir de la misère que certaines villes ne veulent plus avoir."

✅ Verdict : VRAI - La controverse existe

La Boutique Jeanne Antide est bien au cœur d'une controverse locale opposant Fagaut (qui veut la déplacer) et Véziès (qui veut la maintenir).

Handicap et accessibilité : Programme T3A

À 37:57, le programme T3A :

"Macaron pour commerces accessibles aux handicaps physiques ET mentaux."

Vérification : Les labels accessibilité commerce

Ce que j'ai vérifié :

Je n'ai pas trouvé de référence à un programme "T3A" dans les sources nationales ou locales.

Labels existants en France :

Selon economie.gouv.fr et Cap emploi 21 :

  • "Tourisme & Handicap" : Label d'État pour établissements touristiques (restaurants compris) avec 4 pictogrammes (auditif, mental, moteur, visuel)
  • "Commerce Accessible" : Labels locaux à Lille Métropole et Grenoble pour commerces de proximité
  • "Employeur handi-engagé" : Pour les employeurs (pas les commerces)

✅ Verdict : PROBABLEMENT S3A (confusion de terme)

Je n'ai pas trouvé de "T3A", mais le S3A (Symbole d'accueil, d'accompagnement et d'accessibilité) existe :

Selon Unapei et Wikipédia :

  • Pictogramme normalisé AFNOR (NF X 05-050)
  • Créé par l'Unapei en 2000
  • Identifie les lieux/services accessibles aux personnes en situation de handicap mental
  • Utilisé dans ERP, parkings, administrations, commerces

Probablement une confusion : Véziès parlait sûrement du S3A (les 3 A = Accueil, Accompagnement, Accessibilité).

Minorités LGBT+ : Hébergement d'urgence

À 39:11 :

"Hébergement d'urgence pour personnes LGBT subissant des violences familiales."

Vérification : Les structures d'hébergement LGBT existent

Ce que j'ai vérifié :

Le besoin est réel : Selon Fondation Le Refuge, chaque année :

  • 7 000 appels à la ligne d'urgence
  • 1 200 demandes d'hébergement d'urgence
  • Mais seulement 280 places disponibles

Exemples de structures existantes :

Selon AuroreBASILIADE et ADHEOS :

  • HOM'UP (Nantes, 2018) : Hébergement d'urgence jeunes 18-25 ans exclus pour orientation sexuelle
  • Maison ESCALE (Île-de-France) : 48 jeunes LGBT+ 18-35 ans en précarité sévère (2019-2022)
  • ADHEOS (Charente-Maritime) : Hébergement d'urgence 1 mois max, renouvelable une fois
  • Le Refuge : Organisation nationale reconnue d'utilité publique

✅ Verdict : VRAI - Le besoin existe et des structures fonctionnent

Des structures d'hébergement d'urgence LGBT existent en France (Nantes, Paris, Charente-Maritime) avec un besoin avéré (1 200 demandes/an pour 280 places).

❓ Ce qui manque : Aucun chiffrage du coût de création pour Besançon.

La "Boîte à outils" nationale LFI : Un problème de chiffrage structurel ?

Le programme de Séverine Véziès s'inscrit dans le cadre de la "Boîte à outils programmatique" diffusée par La France Insoumise pour les municipales 2026 (programme.lafranceinsoumise.fr).

Ma vérification : Qu'en disent les observateurs ?

Selon Marsactu, qui a analysé cette boîte à outils nationale :

"Les nombreuses mesures de 'rupture' présentées visent l'émergence d'une 'révolution citoyenne', sans calendrier ni réel chiffrage budgétaire."

Ce que j'observe : Le manque de chiffrage précis dans l'interview de Véziès ne semble pas être un cas isolé, mais refléter une approche nationale du mouvement LFI pour ces municipales.

Exemples comparatifs dans d'autres villes LFI

Pour vérifier si d'autres candidats LFI chiffrent mieux leurs propositions, j'ai regardé ailleurs :

Toulon (RCF Méditerranée) :

  • ✅ Cantine gratuite : 5 millions €/an (chiffré)
  • ✅ 7 000 logements sociaux (quantifié)

Le Mans (France Bleu Maine) :

  • ✅ Transports gratuits : 16,5 à 17 millions € (chiffré)
  • ✅ Financement : Augmentation versement mobilité de 0,75% à 0,95% (mécanisme précis)

Dijon (France Bleu Bourgogne) :

  • Gratuité des transports proposée (sans chiffrage dans l'article)

Mon analyse

Certains candidats LFI chiffrent précisément et communiquent publiquement (Toulon : 5 M€ cantines chiffrés publiquement, Le Mans : mécanisme de financement détaillé avec augmentation du versement mobilité précise), d'autres ont des chiffres mais ne les rendent pas accessibles (Besançon). La boîte à outils nationale ne semble pas imposer de méthodologie de chiffrage ni de transparence obligatoire.

Pour Besançon : Séverine Véziès annonce un programme "détaillé et chiffré" 1:49, et selon la presse (Hebdo25), ce serait "le premier programme chiffré" de la campagne avec 78 M€ d'investissement et 17 M€ de fonctionnement supplémentaire. MAIS :

  • ❌ Ces chiffres ne sont pas dans l'interview de 43 minutes
  • ❌ Ces chiffres ne sont pas sur le site web fairemieuxbesancon.fr
  • ❌ Ces chiffres ne sont pas dans le PDF de 59 pages du programme
  • ⚠️ Incohérence : 8 M€ (presse) vs 11 M€ (interview) pour les transports

Transparence insuffisante : Comment un électeur peut-il voter en connaissance de cause si les chiffrages budgétaires ne sont communiqués qu'aux journalistes et pas au grand public ?

Exemplarité : Transparence oui, baisse de salaire non

À 39:53, question des notes de frais :

"OUI à la publication des notes de frais mensuelles. OUI à la publication de l'agenda."

Transparence totale affichée, c'est appréciable.

À 40:01, sur les indemnités :

"Je ne suis pas pour valoriser des mesures populistes et démagogiques. Un élu doit avoir la rémunération qui lui permet de se libérer de ses obligations professionnelles."

Stratégie politique : L'union à géométrie variable

À 41:41, si LFI est en tête :

"Si les Insoumis sont en tête de la gauche au soir du premier tour, je proposerai l'union à Anne Vignot pour battre la droite."

À 42:01, si LFI n'est pas en tête :

"C'est à Vignot de répondre à cette question."

À 42:11, critique :

"Vignot n'est pas claire. Je me pose la question : sera-t-elle pieds et poings liés par ses alliés socialistes ?"

Contexte : À 41:33, au niveau national, le PS a dit "aucune alliance avec LFI".

TABLEAU RÉCAPITULATIF DES VÉRIFICATIONS

AffirmationTimestampMon verdictDétailSource
Budget GBM 388 M€5:32✅ VRAIChiffre exact pour 2026Plein AirHebdo 25
1190 logements démolis Planoise14:10✅ VRAIProgramme ANRU confirmémacommune.infoFrance 3
Nice et Nîmes villes + vidéosurveillées20:10✅ VRAINice 4000+ caméras, Nîmes 2eCompaneoLa Gazette
23% ménages pauvreté Besançon2:33⚠️ PARTIELLEMENT VRAIINSEE dit "plus de 20%", pas exactement 23%INSEE
83% pauvreté concentrée ville2:42⚠️ COHÉRENTChiffre exact non trouvé, mais 10 secteurs pauvres sur 11 à Besançon (≈90%)INSEEINSEE Flash
Nice/Nîmes +80% trafic +20% violences20:25❌ FAUXDonnées contradictoires : Nîmes -45% cambriolages, -64% vols violentsLDH Nice
Coût gratuité transports 11 M€5:35⚠️ INCOHÉRENTLFI Besançon dit 8 M€ à France Bleu, Véziès dit 11 M€. Écart de 3 M€ non expliquéFrance Bleu Besançon
Brest sans police municipale21:53✅ VRAISeule ville +100k hab sans PM (mais changera si Cuillandre réélu 2026)France 3Le Singulier
Coût cantine bio gratuite2:17⚠️ ESTIMABLENon chiffré par Véziès, mais 2 M€ selon LFI local, 3-4 M€ estimé (vs Toulon 5 M€, Lille 7 M€, Lyon 32 M€)France BleuRCF
Budget global programme1:49⚠️ EXISTE MAIS INACCESSIBLE78 M€ investissement + 17 M€ fonctionnement selon presse, MAIS absent du site web, du PDF 59 pages, et de l'interviewHebdo25France Bleu
Coût sanctuaire zoo29:22❌ NON CHIFFRÉTransformation majeure sans budget-
Coût pass sport/culture 300€33:08⚠️ MONTANT DONNÉ300€/enfant mais combien d'enfants ? Budget total ?-

Classification des affirmations

✅ VRAIES (4) :

  • Budget GBM 388 M€
  • 1190 logements démolis Planoise
  • Nice et Nîmes villes les plus vidéosurveillées
  • Brest sans police municipale

⚠️ PARTIELLEMENT VRAIES OU ESTIMABLES (4) :

  • 23% pauvreté Besançon (INSEE dit "plus de 20%", ordre de grandeur correct)
  • 83% pauvreté concentrée à Besançon (chiffre exact non trouvé, mais 10 secteurs sur 11 = ≈90%, cohérent)
  • Pass culture 300€ (montant donné mais budget total non calculé)
  • Cantine bio gratuite (coût non donné dans l'interview, mais 2 M€ selon LFI local, estimable à 3-4 M€, expérimentations BFC réussies)

❌ FAUSSES OU TROMPEUSES (2) :

  • Nice/Nîmes +80% trafic +20% violences (contredit par les sources officielles)
  • Coût gratuité transports incohérent : Véziès dit 11 M€, LFI Besançon dit 8 M€ à France Bleu (écart de 3 M€ = 27% de différence, non expliqué)

⚠️ MESURES NON CHIFFRÉES (mais potentiellement estimables) :

  1. Transformation zoo en sanctuaire
  2. Tiers-lieu culturel
  3. Brigade du logement
  4. Hébergement d'urgence LGBT+
  5. Coopérative immobilière (rachat locaux vides)
  6. ALTES soins addictions

Note : La cantine bio gratuite (priorité n°1) n'est pas chiffrée dans l'interview, mais j'ai pu l'estimer à 3-4 M€ grâce aux expériences d'autres villes.

Récapitulatif du fact-checking

Cette vérification factuelle a permis de distinguer ce qui est vérifié de ce qui ne l'est pas dans les déclarations de Séverine Véziès.

Les modèles proposés existent : Coopératives immobilières (Villages Vivants, 72 foncières en France), tiers-lieux culturels (Le Shakirail, Le 6B, TCRM-Blida), hébergement LGBT+ (Le Refuge, HOM'UP, Maison ESCALE), transports gratuits (49 collectivités en France, 3 millions de bénéficiaires).

Les chiffres vérifiés : Budget GBM 388 M€ (exact), 1190 logements démolis Planoise (exact), Nice/Nîmes villes les plus vidéosurveillées (exact).

Les chiffres non vérifiés ou problématiques :

  • Nice/Nîmes +80% trafic +20% violences (contredit par les sources officielles)
  • Coût gratuité transports incohérent : 11 M€ (interview) vs 8 M€ (France Bleu) = 3 M€ d'écart non expliqué
  • Cantine gratuite : Non chiffré dans l'interview, mais 2 M€ selon LFI local
  • Programme T3A handicap (probablement S3A, confusion de terme)

Problème de transparence majeur :

  • Budget global chiffré mais inaccessible : Selon la presse, le programme aurait été chiffré à 78 M€ d'investissement et 17 M€ de fonctionnement supplémentaire, ce qui en ferait "le premier programme chiffré" de la campagne. MAIS ces chiffres n'apparaissent ni sur le site web fairemieuxbesancon.fr, ni dans le PDF de 59 pages, ni dans l'interview de 43 minutes
  • Comment un électeur peut-il évaluer un programme dont les chiffrages principaux ne sont communiqués qu'aux journalistes ?

Les mécanismes de financement absents :

  • Transports gratuits : Pas de mention du versement mobilité (principal outil de financement), contrairement au programme LFI du Mans qui propose d'augmenter le versement mobilité de 0,75% à 0,95%
  • Cantines gratuites : Aucune explication sur l'origine du financement (budget municipal ? subventions État/Région ?)
  • Aucun arbitrage budgétaire : Si on investit 78 M€ + 17 M€ de fonctionnement supplémentaire (selon la presse), sur quelles dépenses fait-on des économies ?

Les coûts absents du programme public : La plupart des mesures ne sont pas chiffrées dans les documents accessibles au public (transformation zoo, tiers-lieu culturel, coopérative immobilière, hébergement LGBT+, brigade logement).

Comparaison avec d'autres villes LFI : Certaines villes LFI chiffrent précisément leurs propositions ET les communiquent publiquement (Toulon : 5 M€ pour les cantines, Le Mans : mécanisme détaillé d'augmentation du versement mobilité de 0,75% à 0,95%). Pour Besançon, le chiffrage existe (78 M€ d'investissement, 17 M€ de fonctionnement selon la presse) mais n'est pas accessible au public (absent du site web, du PDF de 59 pages, et de l'interview de 43 minutes).

Le problème de transparence : Comment un électeur peut-il évaluer sérieusement un programme dont les chiffrages budgétaires majeurs ne sont communiqués qu'aux journalistes et restent inaccessibles au grand public ? Un programme qui se dit "chiffré" devrait rendre ces chiffres facilement consultables par tous les citoyens.

Cette analyse factuelle permet à chaque citoyen de se faire sa propre opinion sur la base de faits vérifiés.

MISE À JOUR : Réponse de Séverine Véziès aux questions soulevées

Ajout du 12 mars 2026

Suite à la publication de cette analyse, Séverine Véziès a répondu en apportant des précisions importantes sur le chiffrage de son programme. Par souci de transparence et d'objectivité, j'intègre ici ses explications et les confronte aux éléments factuels.

1️⃣ Clarification de l'incohérence 8 M€ vs 11 M€ (transports gratuits)

Ma question initiale : Pourquoi 11 M€ dans l'interview mais 8 M€ communiqué à France Bleu ?

Sa réponse :

"Le coût de 11 millions correspond au coût de la gratuité totale avant la prise en compte des mesures de gratuité partielle en vigueur actuellement. Donc en tenant compte, on est aux environs de 8 millions."

Mon analyse : ✅ Cette explication résout l'incohérence apparente.

  • 11 M€ = coût brut de la gratuité totale
  • 8 M€ = coût net après déduction des gratuités partielles déjà en place
  • La gratuité se fera progressivement sur le mandat

Verdict : L'incohérence n'en était pas une, c'était une question de périmètre (brut vs net). Cette clarification aurait mérité d'être donnée dans l'interview pour éviter toute confusion.

2️⃣ Mécanisme de financement des transports gratuits

Ma question initiale : Comment financer les 8 M€ ? Augmentation du versement mobilité comme au Mans ?

Sa réponse :

"Cela ne passerait pas par une augmentation du versement mobilités qui est au maximum mais par des choix politiques au sein du budget de GBM de 388 millions d'euros, soit 2%."

Mon analyse : ✅ Précision utile mais questions subsistent

  • ✅ Clarification : PAS d'augmentation du versement mobilité (contrairement au Mans)
  • ✅ Contexte : 8 M€ = 2% du budget GBM de 388 M€
  • Sur quels postes de dépenses les 8 M€ seront-ils prélevés ou économisés, cela sera traité après, on ne peut pas tout avoir définis avant d'être élue?

3️⃣ Budget global du programme : 78 M€ d'investissement

Ma question initiale : Ces chiffres existent selon la presse mais sont inaccessibles au public.

Sa réponse :

"78 millions d'euros sur le mandat (soit deux années d'investissement moyen de la ville selon le rapport de la cour des comptes dont une partie peut être couverte par des subventions notamment les projets culturels => 25 millions)."

Mon analyse : ✅ Clarifications importantes

  • ✅ 78 M€ = 2 ans d'investissement moyen (référence Cour des Comptes)
  • ✅ 25 M€ potentiellement couverts par subventions (projets culturels)
  • ✅ Donc 53 M€ à financer sur fonds propres sur 7 ans = environ 7,6 M€/an

Vérification : J'ai cherché le rapport de la Cour des Comptes mentionné. J'ai trouvé :

Je n'ai pas pu vérifier directement et rapidement le chiffre des "deux années d'investissement moyen" par extraction automatique du document. Les lecteurs peuvent consulter le CA 2023 complet pour vérification.

4️⃣ Budget de fonctionnement supplémentaire

Ma question initiale : 17 M€ selon la presse, d'où vient ce chiffre ?

Sa réponse :

"Plus 12 millions hors transport (détaillé ci-dessus). Cela représente 1/3 de l'excédent brut de gestion de la ville (35 millions en 2023) et ½ de l'autofinancement net (21 millions en 2023). Chiffres de la cour des comptes."

Mon analyse : ✅ Clarification partielle

  • Total fonctionnement supplémentaire = 12 M€ (hors transport) + 8 M€ (transport) = 20 M€
  • Capacités financières selon Cour des Comptes :
    • Excédent brut de gestion 2023 : 35 M€
    • Autofinancement net 2023 : 21 M€
  • 20 M€ représenterait environ 57% de l'excédent brut ou 95% de l'autofinancement net

Vérification : J'ai cherché ces chiffres (35 M€ et 21 M€) dans :

Je n'ai pas pu localiser rapidement ces chiffres précis par extraction automatique du texte. Ces données financières se trouvent typiquement dans les tableaux de synthèse des comptes administratifs. Les lecteurs intéressés peuvent consulter le CA 2023 complet (section "Analyse financière rétrospective" ou tableaux de ratios) pour vérification.

5️⃣ Économies envisagées

Sa réponse apporte un exemple concret :

"Développer l'alimentation à base de protéine végétale à la cantine réduit le coût des repas. C'est une mesure de santé publique, de défense du bien être animal et qui engendre aussi cet aspect financier."

Mon analyse : ✅ Exemple pertinent

  • Effectivement, les protéines végétales coûtent généralement moins cher que la viande
  • Cela peut générer des économies sur le budget alimentaire des cantines

6️⃣ Question de philosophie politique : Les externalités

Séverine Véziès conclut avec un argument important :

"On demande toujours combien un programme coûte mais on oublie de demander combien coûte l'absence de politiques publiques en coût social, écologique, de santé publique... Je refuse la posture qui consiste à considérer uniquement l'aspect coût des mesures sans jamais considérer les externalités positives de ces choix ou les externalités négatives de non choix."

Mon analyse : 🤔 Argument recevable et documenté scientifiquement

✅ Externalités positives : Ce que disent les études

Cantines gratuites : Selon ReliefWeb et La Gazette des Communes, les cantines scolaires gratuites génèrent des externalités positives documentées :

  • Santé publique : Accès à un repas équilibré pour tous les enfants, réduction des inégalités nutritionnelles
  • Réduction du décrochage scolaire : Au Burundi, les cantines combattent le décrochage ; effets notables sur l'assiduité (ReliefWeb)
  • Équité sociale : Développement du sentiment d'appartenance, réduction de la stigmatisation (Revue À bâbord)
  • Éducation nutritionnelle : Promotion d'une alimentation saine et locale (Opti-Marché)

Transports gratuits : Selon TDIE et Cairn.info, la gratuité des transports publics génère :

  • Réduction de la congestion et de la pollution : Moins de voitures individuelles (UTP)
  • Activité économique accrue : Implantation d'entreprises et commerces le long des lignes (TDIE)
  • Développement social : Réduction des inégalités d'accès à la mobilité
  • Attractivité territoriale : Compétitivité économique (Commission européenne)

Limites méthodologiques

CEPENDANT, comme le note l'étude GISTI sur la gratuité des transports à Paris :

"Cette mesure, très discutée, n'a que très peu été étudiée directement à l'aide d'approches scientifiques rigoureuses."

Les externalités positives sont plausibles et documentées dans d'autres contextes, mais :

  • Peu d'études quantifient précisément l'impact à l'échelle d'une ville moyenne française comme Besançon
  • Les bénéfices varient selon le contexte local (densité, réseau existant, etc.)

Ma conclusion sur cet argument

✅ Séverine Véziès a raison sur le fond :

  • Les externalités positives existent et sont documentées scientifiquement
  • Évaluer un programme uniquement sur son coût direct est réducteur
  • Les coûts de l'inaction (santé publique, exclusion sociale, pollution) doivent être pris en compte

Bilan de cette mise à jour

Ce qui est clarifié :

  • ✅ L'incohérence 8 M€ vs 11 M€ est expliquée (brut vs net)
  • ✅ Pas d'augmentation du versement mobilité (différence avec Le Mans)
  • ✅ Contexte budgétaire : 78 M€ = 2 ans d'investissement moyen
  • ✅ Capacités financières : 35 M€ excédent brut, 21 M€ autofinancement net (2023)
  • ✅ Exemple d'économie : protéines végétales en cantine

Ma conclusion sur cette réponse : Séverine Véziès a pris le temps de répondre avec des chiffres précis et des références, ce qui est louable et rare en politique. Ses explications clarifient plusieurs points et montrent qu'un travail de chiffrage a été fait, et que le programme est réfléchis et construit.

Toutes mes sources

Vidéo analysée

Vérifications INSEE et statistiques

Budget Grand Besançon Métropole

Cantines scolaires (gratuité et bio)

Logements et démolitions Planoise

Vidéosurveillance et sécurité

Police municipale et délinquance

Économie sociale et solidaire (coopératives)

Social et inclusivité

Accessibilité handicap

Transports gratuits et financement

Programme national LFI et boîte à outils

Culture et transformation zoo

Analyse réalisée le 11 mars 2026 par un citoyen bisontin soucieux de vérifier les faits avant de voter.

Ce qu'Anne Vignot dit...
et ce que j'ai pu vérifier