Je viens de vivre quelque chose qui ressemble à un électrochoc. Certains appellent ça un burnout, d'autres une crise de la cinquantaine, ou encore une dépression. Moi, je préfère y voir une prise de conscience, un peu brutale, mais nécessaire. Comme si mon système avait planté, et qu'au redémarrage, j'avais enfin l'opportunité de tout réorganiser. Pas pour tout effacer, mais pour choisir ce qui mérite vraiment d'être gardé, et ce qui doit évoluer.
Aujourd'hui, après trois mois de réflexion, de pauses et de remise en question, je sais une chose : je ne veux plus vivre au rythme du "métro, boulot, dodo". Pas parce que le travail n'a pas de valeur - je crois profondément que le travail peut être porteur de sens. Mais parce que le modèle actuel, souvent aliénant, ne sert qu'à rapporter de l'argent, à être alimentaire. Il nous enferme dans une "liberté d'obéir", où l'on suit des processus sans toujours en comprendre le sens, où l'on optimise des tâches sans jamais se demander pourquoi.
Je veux explorer d'autres façons de vivre. Des façons où l'on prend le temps d'apprendre ensemble, de réaliser des projets qui nous passionnent, qui ont du sens, et qui ne se résument pas à une simple transaction financière.
Alors, j'ai décidé de redessiner ma vie autour de trois piliers : comprendre, réparer/créer, partager. Et pour que cela prenne forme, j'ai dû tout repenser, tout réorganiser. Voici comment.
1. Reprendre le temps, celui qui compte vraiment
Il y a quelques mois, je courais après quelque chose sans savoir quoi. Le temps filait, et je ne le voyais même plus passer. Alors, j'ai fait un choix radical : ralentir. Pas pour ne plus rien faire, mais pour faire les choses qui ont du sens, avec les gens qui comptent.
Le temps pour ceux qui m'entourent
Je veux retrouver le plaisir des choses simples : marcher sans but précis, juste pour le plaisir de discuter ou d'observer. Passer des heures en cuisine à réapprendre les recettes de ma grand-mère, celles qui se transmettent de génération en génération et que l'on oublie trop souvent.
Et surtout, prendre le temps avec Christine. Ma femme, ma complice, ma partenaire de tous les jours. Ces moments où l'on discute de tout et de rien, où l'on partage nos idées, nos doutes, nos rêves. Ces instants où l'on se promène dans Besançon, où l'on explore de nouveaux endroits, où l'on cuisine ensemble. Ces échanges qui nourrissent notre relation et qui me rappellent ce qui est vraiment important.
Prendre le temps d'expliquer à mes enfants comment reconnaître l'ail des ours, comment cueillir des champignons sans se tromper, ou comment faire pousser des tomates sur un balcon. Ces moments, ce ne sont pas des pertes de temps. Ce sont des instants où l'on se reconnecte à l'essentiel. Où l'on apprend, où l'on transmet, où l'on crée des souvenirs.
Le temps pour soi, aussi
Parce que reprendre le temps, c'est aussi se donner la permission de souffler. De jardiner sans se presser, de lire un livre sans culpabiliser, ou de bricoler sans objectif précis. C'est accepter que certaines choses prennent le temps qu'elles prennent, et que c'est très bien comme ça.
2. S'ancrer dans un territoire à taille humaine : le quartier Battant
Je vis à Besançon, dans le quartier Battant. Un endroit où l'on se sent chez soi, où les rues ont une histoire, où les gens se croisent et se parlent. C'est ici que je veux agir, pas parce que c'est plus simple, mais parce que c'est là que je peux faire une différence.
Un quartier, un laboratoire
Battant, c'est un peu mon terrain de jeu. Un endroit où je peux tester des idées, rencontrer des gens, et voir concrètement l'impact de mes actions. Pas besoin d'aller loin pour changer les choses : parfois, il suffit de regarder autour de soi.
Un lieu pour agir : le 97 et les Ateliers du 97
J'ai la chance d'avoir un lieu, le 97, qui est bien plus qu'un simple local. C'est un tiers-lieu, un espace de rencontre, de création et de partage. Un endroit où l'on peut venir discuter, apprendre, ou simplement boire un café en bonne compagnie.
Et puis, il y a les Ateliers du 97. Un projet pour cette année : aménager ces ateliers, préparer l'accueil des gens, et le faire moi-même. Ce sera un lieu où l'on répare, où l'on crée, où l'on transmet des savoir-faire. Parce que je crois profondément que le savoir ne se limite pas à regarder une vidéo YouTube. Il se vit, il se pratique, il se partage. Ce projet sera documenté et relayé sur ma chaîne YouTube, qui arrive bientôt.
3. Créer un univers, raconter une histoire
Je suis en train d'écrire un livre. Pas un roman classique, mais une sorte de monde imaginaire, steampunk et futuriste, où le 97 serait un point de jonction entre différentes dimensions. Un univers où la technologie et l'artisanat se mélangent, où les idées prennent vie.
Pourquoi un livre ?
Parce que j'ai besoin de donner une cohérence à tout ce que je fais. Ce livre, ce n'est pas juste une histoire : c'est une façon de rassembler mes réflexions, mes projets, et mes rêves. C'est une manière de montrer que tout est lié : le réel et le virtuel, le passé et le futur, l'individuel et le collectif.
Un lore pour donner du sens
Ce monde imaginaire, c'est aussi une façon de donner une identité à mes projets.
BesaCraft, le jeu vidéo que je veux relancer, s'inscrit dans cet univers. Hytale, le jeu sur lequel je travaille, en fait également partie. Hytale est un jeu conçu pour et par la communauté, un espace où les joueurs peuvent créer, modder, et explorer ensemble. C'est cette philosophie de partage et de collaboration qui m'attire particulièrement. Hytale est né d'une volonté de donner aux joueurs les outils pour créer leurs propres aventures, et c'est cette approche qui m'a séduit.
Le 97, les Ateliers, tout cela fait partie d'une même histoire. Et cette histoire, je veux la partager.
4. Partager, encore et toujours
Je crois profondément que le savoir ne sert à rien s'il reste enfermé dans un coin de sa tête. Alors, je veux tout partager : mes expériences, mes échecs, mes réussites.
Une chaîne YouTube : "Nicolas JEUDY, comprendre, réparer, partager"
La chaîne arrive bientôt ! Elle s'inscrit directement dans l'univers que je crée, avec Pao, le panda anthropomorphe steampunk, comme guide et compagnon de route. Pao incarne l'esprit de transmission et de curiosité qui anime ce projet.
La chaîne sera organisée en playlists, couvrant tous les thèmes qui me passionnent :
- À la forge (⚒️) : Projets bricolage et maker
- Pao raconte (🐼) : Flashbacks historiques et récits steampunk
- Coup de gueule (💢) : Billets engagés sur la société et la technologie
- Sous le capot (⚙️) : Tutos techniques et Odoo
- Live au 97 (📺) : Streams depuis l'atelier
- Les rouages (⚙️) : Coulisses de la chaîne et de mes projets
- Besacraft: Un serveur, un terrain de jeux pour apprendre et se rencontrer
Des lives, un blog, un site de documentation
Je veux créer des espaces où l'on peut discuter, apprendre, et partager. Des lives sur Twitch et Facebook pour échanger en direct, un blog pour documenter mes réflexions, et un site de documentation pour centraliser les tutos et les guides.
5. Partager du concret et du pragmatique
Je ne veux pas vous parler de ce que je ne maîtrise pas. Je veux partager ce que j’utilise au quotidien, ce que j’améliore, ce que je fais évoluer. Pas pour faire de la théorie, mais parce que ça fonctionne - ou que ça a planté, et que j’ai trouvé une solution.
Parce que le vrai savoir, c’est celui qu’on met en pratique.
Quand j’utilise Odoo, ce n’est pas pour suivre un manuel. C’est pour l’adapter à mes besoins, pour le faire coller à ma façon de travailler. Je profite de l’open source pour modifier, améliorer, personnaliser. Je vous montrerai comment j’ai optimisé la gestion de mes activités, comment j’ai automatisé des processus répétitifs, ou comment j’ai intégré des fonctionnalités spécifiques. Des solutions que j’utilise tous les jours, pas des démonstrations abstraites. Et puis il y a la domotique. Pas la domotique des catalogues, celle qui promet des maisons intelligentes sans expliquer comment. La domotique que je construis, que je bidouille, que je fais évoluer. Celle où j’intègre des capteurs récupérés, où je programme des scénarios utiles, où je sécurise mon espace sans me ruiner. Pas en suivant un mode d’emploi, mais en comprenant comment ça marche. La récup’, c’est mon autre terrain de jeu. Réparer, transformer, donner une seconde vie. Pas par idéologie, mais parce que c’est gratifiant. Parce qu’un objet réparé, c’est une petite victoire contre l’obsolescence programmée. Et parce que c’est en démontant qu’on comprend vraiment comment les choses fonctionnent. Bref, je veux partager des trucs concrets. Pas des idées, pas des concepts. Des trucs que j’ai testés, que j’ai améliorés, que j’ai fait évoluer. Des trucs qui servent, qui simplifient la vie, qui rendent autonome. Parce que c’est comme ça qu’on apprend vraiment - et qu’on progresse ensemble.
6. Attaquer un rêve : BesaCraft, le jeu qui relie
Il y a quelques années, j'ai lancé BesaCraft, un serveur Minecraft pour les jeunes de Besançon. Aujourd'hui, je veux le relancer, mais en plus grand, en plus ambitieux.
Un jeu sur Hytale, un monde à explorer
Je veux créer un univers sur Hytale, un jeu conçu pour la communauté, où les joueurs peuvent modder, coder, et créer des assets. Un monde où les joueurs pourront explorer, construire, et apprendre. Hytale est né d'une volonté de donner aux joueurs les outils pour créer leurs propres aventures, et c'est cette philosophie qui m'a séduit.
Connecter le virtuel et le réel
Mais BesaCraft, ce ne sera pas qu'un jeu. Ce sera aussi un pont entre le virtuel et le réel. Grâce à Odoo, je veux gérer la communauté des joueurs. Grâce au 97, je veux organiser des événements en lien avec le jeu. Et grâce aux Ateliers du 97, je veux transmettre aux plus jeunes l'envie de créer, de coder, de modder.
Transmettre aux plus jeunes
Parce que je crois que les jeux vidéo, ce n'est pas juste du divertissement. C'est une porte d'entrée vers la programmation, le design, la gestion de projet. Et je veux montrer aux jeunes que ces compétences peuvent les mener loin.
7. L'IA : un outil, pas un remplaçant
Je suis fasciné par l'intelligence artificielle. Mais je suis aussi inquiet. Parce que je vois trop de gens qui se laissent porter par la facilité, qui délèguent leur réflexion à une machine.
L'IA doit augmenter, pas remplacer
L'IA, c'est un outil formidable pour gagner du temps, pour explorer des idées, pour automatiser des tâches répétitives. Mais elle ne doit pas devenir une béquille. Si on ne sait plus réfléchir par soi-même, si on ne sait plus prendre de décisions sans elle, alors on perd quelque chose d'essentiel : notre autonomie.
Rester maître de ses choix
Je veux utiliser l'IA pour m'aider, pas pour me remplacer. Pour analyser des données, pour générer des idées, pour optimiser des processus. Mais je veux garder le contrôle. Parce que c'est moi qui décide, pas une machine.
En conclusion : une vie réinventée, pas une vie recommencée
Ce reboot forcé, cette prise de conscience, ce n'est pas une fin. C'est un nouveau départ. Une vie où je prends le temps de vivre, où je m'ancre dans un territoire qui me ressemble, où je crée et je partage.
Je ne sais pas encore où tout cela me mènera. Mais une chose est sûre : je ne veux plus courir après des choses qui ne me correspondent pas. Je veux avancer à mon rythme, avec des projets qui ont du sens, et des gens qui partagent cette vision.
Alors, si vous aussi vous avez envie de ralentir, de créer, de partager, ou simplement de discuter, je vous attends au 97. Parce que c'est ensemble que l'on peut construire quelque chose de beau.
Et vous, quel est le reboot que vous aimeriez faire dans votre vie ? 🚀