Le 4 août 2026 à 18h32, Ludovic Fagaut, maire de Besançon, publie sur Facebook quatre « cartes postales » de la ville, taguées « ÉTÉ 2026 », sous le titre « Un été touristique dans notre ville ». Le post a recueilli 221 réactions, 39 commentaires et 18 partages. Trois jours plus tard, le vendredi 7 août, nous sommes allés refaire les mêmes plans. Cet article met les deux séries côte à côte, dans le gabarit exact des cartes d'origine, et vérifie chaque affirmation du post — y compris celles qui donnent raison au maire.

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Ce que dit cet article en une phrase. Une image sans date est une illustration ; une image datée est une affirmation. Ces quatre cartes portent « Été 2026 », et l'une d'elles est légendée « un après-midi d'août » — or au moins deux d'entre elles comportent des marqueurs de végétation qui excluent l'été.

Pourquoi ce post plutôt qu'un autre

Parce qu'il est beau, qu'il est efficace, et que personne n'y ment ouvertement. C'est exactement le profil qui mérite d'être regardé de près : un visuel raté ne trompe personne, une belle carte postale bien légendée circule dix-huit fois.

Et parce qu'il ne se contente pas de montrer. Il date. « Été 2026 » sur les quatre visuels, « un après-midi d'août » dans une légende, « un été touristique dans notre ville » en tête de post. Une image sans date est une illustration. Une image datée est une affirmation, et une affirmation se vérifie.

Le contexte de l'auteur

Ludovic Fagaut, 47 ans, principal de collège, a été élu maire de Besançon au second tour des municipales le 22 mars 2026 avec 53,29 % des voix face à l'écologiste Anne Vignot (46,71 %). Il est le premier maire de droite de la ville depuis 1953, et préside également Grand Besançon Métropole. Le post est publié depuis son compte personnel, en taguant la page Ville de Besançon.

Je précise, comme toujours : je ne suis pas neutre sur la politique municipale bisontine, et j'ai déjà écrit sur la gestion de l'eau de cette équipe. Ça ne rend aucun fait ci-dessous vrai ou faux. Ça vous permet de savoir qui écrit, et de vérifier vous-même : toutes les pièces sont fournies.

Ce que j'ai fait

Le 7 août 2026, nous sommes retournés à la Gare d'eau, à la promenade Micaud et au fort de Beauregard. L'essentiel du travail a consisté à retrouver les points de vue : identifier depuis quel endroit précis chaque photo avait été prise, puis y replacer l'objectif. Nous n'avons donc pas choisi nos cadrages, nous avons repris les siens — sur trois des quatre cartes. Photos au téléphone, sans retouche, sans filtre, sans correction de couleur.

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Une précision de méthode, parce qu'elle commande tout le reste. Je ne connais pas l'heure de prise de vue des photos du maire, et je ne prétends donc pas avoir photographié « à la même heure ». Les comparaisons ci-dessous ne portent que sur ce qui ne dépend pas de l'heure : l'état de la végétation.

J'ai ensuite reconstruit le gabarit des cartes du maire au pixel près — fond crème #F9F8F6, jaune #FED501, capitales espacées, badge de lieu, titre en Playfair Display, filet jaune — et j'y ai glissé nos photos, avec les mêmes titres, mot pour mot. Une seule chose change dans la mise en page : là où les cartes d'origine indiquent « ÉTÉ 2026 », les nôtres indiquent « 7 AOÛT 2026 ». C'est la différence entre une saison et une date.

Les fichiers — cartes d'origine, photos brutes, cartes reconstruites, montages comparatifs — sont conservés et fournis à qui les demande.

Ce que dit vraiment le post

Voici le texte intégral, tel que publié :

[ Cartes postales ] Ville de Besançon
Un été touristique dans notre ville

2/12 · Les remparts
Vauban veille toujours. 300 ans plus tard, la pierre tient bon et la vue avec.

3/12 · Sur la pelouse
Le parc Micaud, un livre, un peu d'ombre. Le programme parfait d'un après-midi d'août.

4/12 · L'envol des oiseaux
Une seconde, tout s'envole au-dessus du Doubs. La Gare d'eau a ses instants de grâce.

5/12 · À VTT sur les glacis
Les glacis de la Citadelle sous les roues. L'effort d'un côté, le panorama de l'autre.

#engagement #villedebesancon

Trois choses à relever avant même de regarder les images.

La numérotation « 2/12 » à « 5/12 » indique une série de douze cartes, dont ce post ne montre que quatre. Je n'ai examiné que ces quatre-là ; j'y reviens dans « ce qui reste ouvert ».

« Le programme parfait d'un après-midi d'août » n'est pas une formule vague : c'est une datation explicite, au mois près.

Le hashtag « #engagement » est le seul mot du post qui dise ouvertement sa fonction.

Les quatre comparaisons

1. « Sur la pelouse » — promenade Micaud

À gauche la carte postale publiée le 4 août 2026, à droite la promenade Micaud photographiée le 7 août 2026
À gauche, la carte publiée le 4 août 2026. À droite, le même lieu le 7 août 2026, dans le même gabarit.

À gauche, la carte du maire : herbe grasse d'un vert dense, groupes assis sur des plaids, lumière filtrée. À droite, la promenade Micaud le 7 août : terre nue, herbe rase et brune, personne.

Mais le plus intéressant n'est pas la couleur de l'herbe — une pelouse peut griller en trois jours de canicule. Le plus intéressant, ce sont les arbres. Sur la carte du maire, on distingue au bord droit un massif de tulipes en fleur. Plus haut à droite, des branches encore nues. Et partout, ce vert tendre, presque jaune, des feuillus qui viennent de débourrer.

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Une image qui montre simultanément des tulipes en fleur, des branches nues et des feuilles naissantes est une image de printemps. Elle ne peut pas être « un après-midi d'août ».

Les tulipes fleurissent à Besançon en avril-mai. Les feuillus ont leur feuillage adulte, vert sombre, dès la mi-juin.

2. « L'envol des oiseaux » — la Gare d'eau

À gauche la carte postale du 4 août 2026, à droite la Gare d'eau photographiée le 7 août 2026
Même chemin, même courbe du Doubs, même Citadelle en arrière-plan.

Sur la carte du maire, l'herbe est verte des deux côtés du chemin. Le 7 août, les berges sont couleur paille sur toute leur longueur.

Là encore, le décor dit la saison mieux que l'herbe. Sur la carte : des feuilles mortes éparpillées sur le chemin et dans l'herbe, et un coteau roux et doré à l'arrière-plan. Ce sont les deux seuls marqueurs saisonniers de l'image, et ils pointent vers l'automne.

Le soleil, lui, est très bas, rasant, avec des ombres longues et un halo étoilé — mais cela ne dit rien de la saison, seulement de l'heure : un matin d'août donne la même lumière. Je le mentionne pour l'écarter, parce que c'est le genre d'indice qu'on est tenté de compter deux fois.

3. « À VTT sur les glacis » — la Citadelle depuis Beauregard

À gauche la carte postale du 4 août 2026, à droite la Citadelle vue du fort de Beauregard le 7 août 2026
Les glacis de la Citadelle, vus depuis le fort de Beauregard.

Deux remarques, dans l'ordre d'évidence.

La première : il n'y a pas de VTT sur l'image. La légende parle des « glacis de la Citadelle sous les roues », de « l'effort d'un côté, le panorama de l'autre ». On voit un panorama. On ne voit ni vélo, ni cycliste, ni chemin de VTT.

La seconde : les glacis eux-mêmes. Sur la carte du maire, tout est d'un vert saturé, presque fluorescent — pentes boisées comme esplanades — avec un premier plan végétal flou qui mange le tiers bas de l'image. Sur notre photo du 7 août, le contraste est net : les pentes boisées restent vertes, mais les esplanades herbeuses au pied des remparts sont ocre. C'est précisément la partie qu'on appelle les glacis, et c'est celle qui a grillé.

4. « Les remparts » — la carte que nous n'avons pas pu refaire

À gauche la carte postale du 4 août 2026, à droite une case volontairement laissée vide
La case que nous laissons vide plutôt que de la combler.

Nous n'avons pas refait cet angle : batterie à plat. Nous aurions pu glisser à la place une autre vue de la Citadelle, il y en avait onze dans notre pellicule. Nous ne l'avons pas fait.

C'est la seule des quatre sur laquelle je n'ai donc rien à opposer. La carte montre la Citadelle à travers un feuillage dense et vert. Rien, sur cette image, ne permet d'affirmer qu'elle n'est pas de cet été : en juin, les frondaisons du secteur sont effectivement de ce vert-là. Je la laisse telle quelle.

Les verdicts, affirmation par affirmation

1. « Un été touristique dans notre ville » (cadre du post, 4 août 2026)

⚠️ PARTIELLEMENT VRAI. Le cadre annonce l'été en cours. Deux des quatre images comportent des marqueurs saisonniers qui l'excluent (tulipes et feuillage naissant pour l'une, feuilles mortes et coteaux roux pour l'autre). Les deux autres sont compatibles avec un été, sans qu'on puisse dire lequel.

2. « Le programme parfait d'un après-midi d'août » (« Sur la pelouse »)

❌ FAUX. L'image associée à cette légende ne peut pas avoir été prise un après-midi d'août : elle montre des tulipes en fleur, des branches nues et un feuillage en débourrement. C'est l'affirmation la plus précise du post, et c'est celle qui résiste le moins.

⚖️

Réserve sur ma propre source. Ce verdict repose sur une lecture phénologique de l'image, pas sur une métadonnée. Les fichiers publiés par le maire ne portent aucune donnée EXIF exploitable. Un fichier d'origine daté suffirait à me contredire, et je le publierais.

3. « La Gare d'eau a ses instants de grâce » (« L'envol des oiseaux »), sous tag « Été 2026 »

⚠️ PARTIELLEMENT VRAI. La phrase elle-même est juste — la Gare d'eau a effectivement ces instants-là, notre propre photo le montre. C'est le tag « Été 2026 » qui ne tient pas : feuilles mortes au sol et coteaux roux, deux indices concordants pour l'automne, sans certitude sur l'année. Je ne compte pas la lumière rasante parmi les indices : elle renseigne sur l'heure, pas sur la saison.

4. « Les glacis de la Citadelle sous les roues » (« À VTT sur les glacis »)

❌ FAUX pour l'association texte-image : aucun vélo, aucun cycliste, aucun chemin de VTT n'apparaît sur le visuel. La légende décrit une scène que l'image ne montre pas.

5. Les glacis étaient verts début août 2026

❌ FAUX. Photographiées le 7 août depuis le fort de Beauregard, les esplanades herbeuses au pied des remparts — les glacis proprement dits — sont ocre. Les pentes boisées, elles, restent vertes : je le précise pour ne pas donner à croire que toute la colline aurait brûlé. Le département est en crise sécheresse par arrêté préfectoral depuis le 17 juillet.

6. « Vauban veille toujours. 300 ans plus tard » (« Les remparts »)

⚠️ APPROXIMATION SANS CONSÉQUENCE. La Citadelle de Besançon a été édifiée sous la direction de Vauban dans les années 1668-1683 : cela fait plutôt 340 ans que 300. C'est une figure de style dans une carte postale, pas une tromperie. Je le signale pour être complet, pas pour charger.

7. « Le parc Micaud » — est-ce le bon nom du lieu ?

✅ VRAI. Un commentaire sous le post reproche au maire de dire « parc » là où il faudrait dire « promenade ». Le reproche est infondé : « parc Micaud » et « promenade Micaud » désignent officiellement le même jardin public, aménagé en 1843 et baptisé d'après Jean-Agathe Micaud, maire de Besançon de 1835 à 1843. Les deux appellations sont correctes.

Je note ce verdict parce qu'il va contre mon propos. Une critique qui va dans mon sens n'en devient pas juste.

8. Le contexte : Besançon est-elle en restriction d'eau au moment du post ?

✅ VRAI, et documenté. La préfecture du Doubs a déclenché la vigilance le 2 juin 2026, l'alerte le 19 juin, l'alerte renforcée le 3 juillet, puis a placé l'ensemble des quatre zones du département en niveau « crise » par arrêté du 17 juillet 2026, applicable immédiatement. À ce niveau, l'arrosage des espaces verts est interdit. Le post du maire date du 4 août, soit dix-huit jours après.

Une chose est à porter au crédit de ce post, et elle mérite d'être dite avant d'aller plus loin : il ne s'en prend à personne. Il ne cite aucun adversaire, ne met personne en cause, ne demande rien. C'est une carte postale, au sens propre. Le seul reproche qu'on puisse lui faire tient à ce qu'elle affirme sur sa propre date.

Marketing, manipulation, mensonge : où placer le curseur

Trois mots circulent quand on parle de ce genre d'images. Ils ne disent pas la même chose, et je crois qu'il faut refuser de les confondre — y compris quand la confusion nous arrangerait.

Marketing. Choisir la plus belle photo d'un lieu pour donner envie d'y venir : c'est le métier, ça se fait dans toutes les mairies de France, de toutes couleurs, depuis toujours. Une brochure touristique ne montre jamais la pluie. Personne ne s'en offusque, et personne ne devrait.

Manipulation. Présenter comme actuel ce qui ne l'est pas, au moment précis où l'état réel du lieu est un sujet politique. C'est là que ce post bascule, et le basculement tient à une seule chose : les légendes datent. Sans « été 2026 » et sans « après-midi d'août », ces quatre visuels seraient une jolie brochure. Avec, ils affirment quelque chose de faux sur l'état de la ville, à dix-huit jours d'un arrêté de crise sécheresse et six semaines d'une polémique sur l'arrosage municipal.

Mensonge. Le mot exige de prouver l'intention. Je ne peux pas la prouver, et je ne le prétendrai pas. Il existe une hypothèse parfaitement banale : un visuel confié à un prestataire ou monté à partir d'une banque d'images, un gabarit rempli vite, une légende écrite d'inspiration sans que personne ne vérifie la photo. C'est une négligence, pas nécessairement un calcul. Elle reste imputable — quand on publie sous l'écharpe, la vérification fait partie du travail — mais imputable n'est pas synonyme de délibéré.

Je m'arrête donc à « manipulation », en précisant qu'elle peut être involontaire. Et je note que l'écart est réparable en une phrase : il suffirait d'indiquer la date et l'auteur de chaque photo.

« Et l'équipe d'avant, alors ? »

C'est la réponse qui viendra, et elle mérite d'être traitée tout de suite. L'ancienne municipalité communiquait aussi, elle choisissait aussi ses plus belles images, et une mandature écologiste n'a jamais publié de photos de pelouses grillées.

Ce renvoi ne vaut rien, dans les deux sens. Toute communication municipale embellit ; le procédé n'appartient à aucun camp et le constater n'excuse ni n'accable personne. La bonne question n'est pas « qui est le pire », c'est : à partir de quel moment une image d'illustration devient-elle une affirmation ?

Ma réponse : au moment où on la date. Et cette règle vaut pour tout le monde, y compris pour moi. C'est pourquoi nos quatre cartes portent « 7 août 2026 » et pas « été 2026 ».

Le précédent

Ce n'est pas la première fois cet été que la communication municipale bisontine arrive à contretemps de la météo. Le 18 juillet 2026, au lendemain du passage du département en crise sécheresse, la Ville inaugurait son horloge florale — un épisode que j'ai documenté dans un précédent article.

Ce qui distingue les deux cas mérite d'être dit, parce que c'est là que se trouve le seul reproche solide. L'horloge florale était un désaccord sur une décision : arroser ou non, au vu d'un arrêté. On pouvait en débattre, la Ville avait des arguments, elle les a donnés — Ludovic Fagaut assumait publiquement « 92 m³ de l'eau du réseau par semaine » pour 38 sites de fleurissement, avec du goutte-à-goutte sur sept ou huit points.

Ici, il n'y a pas de désaccord possible sur une décision. Il y a un écart entre ce qu'une image montre et ce que sa légende affirme. Ce n'est pas un débat d'orientation : c'est une question de fait.

Ce que disent les commentaires

Les 39 commentaires du post méritent d'être lus, parce qu'ils démontrent quelque chose que je n'aurais pas su démontrer seul.

L'immense majorité est chaleureuse : « Bravo », « Merci Monsieur le Maire », « photos magnifiques », « très beaux clichés ». Ces gens ne sont dupes de rien : ils réagissent à de belles images de leur ville, ce qui est parfaitement légitime.

Mais deux Bisontins ont vu le problème tout seuls, en trois jours, sans aucun outil. L'un écrit : « Je ne sais pas de quand datent ces clichés mais une chose est sûre pas de l'été 2026… sinon les teintes seraient plus jaunes que vertes… » (cinq réactions). Un autre s'amuse de « la photo de Micaud bien verte ». Le commentaire que Facebook affiche en tête de liste dit simplement : « Ceux qui viennent à Besançon vont être très déçus !!!! »

Un troisième pose la seule question qui compte vraiment : « De beaux clichés ! De qui sont-ils ? » Personne n'y a répondu. La seule réponse apportée sous ce commentaire renvoie au titre du post — « des cartes postales, c'est marqué au début » — ce qui ne dit rien de l'auteur ni de la date des photographies.

C'est aussi la ligne de défense spontanée qu'on trouve sous le commentaire sur la saison : « c'est bien noté cartes postales ». L'argument mérite d'être pris au sérieux, parce qu'il est le meilleur dont dispose le post. Il ne tient pourtant pas : une carte postale n'est pas dispensée de dire de quand elle date, surtout quand elle prend la peine d'écrire « été 2026 » sur les quatre visuels et « un après-midi d'août » sous l'un d'eux. Si l'étiquette « carte postale » suffisait à tout, la mention de saison n'aurait aucune raison d'y figurer.

Ce qui reste ouvert

  • L'origine des photos. Je ne sais pas qui les a prises, ni quand, ni si elles proviennent d'une banque d'images, des archives de la Ville, d'un prestataire ou du maire lui-même. La question a été posée publiquement sous le post et n'a pas reçu de réponse. C'est le trou principal de cet article.
  • Les métadonnées. Les fichiers auxquels j'ai eu accès ne portent aucune donnée EXIF exploitable — ni date de prise de vue, ni appareil, ni logiciel. C'est le comportement normal de la plupart des plateformes, qui effacent ces informations à la republication ; ce n'est en soi l'indice de rien. Il faudrait les fichiers d'origine.
  • Les huit autres cartes. Le post est numéroté « 2/12 » à « 5/12 ». Je n'ai examiné que ces quatre-là. Je ne sais pas si les huit autres présentent le même décalage, et je me garde d'en tirer une conclusion générale : quatre cartes ne font pas une série de douze.
  • Une hypothèse que j'écarte. On m'a suggéré que les personnes assises sur la pelouse pourraient avoir été ajoutées par retouche ou par IA. Je n'ai trouvé aucun indice en ce sens : ombres portées cohérentes, échelles correctes, postures normales. En l'absence de métadonnées, cette hypothèse n'est ni vérifiable ni nécessaire — le décalage saisonnier se voit à l'œil nu et se suffit. Je la mentionne pour dire que je l'ai examinée et abandonnée.
🚨

Ce que je corrigerai. Si le maire, son équipe ou l'auteur des photos produisent des fichiers datés qui contredisent ce que je lis dans les images, je publierai la correction en tête d'article, et je le ferai savoir aussi largement que ce texte aura circulé.

Ce que je retiens

Nos photos du 7 août ne sont pas « vraies » par nature. Je les ai montées dans un gabarit conçu pour être flatteur, et une pelouse grillée peut servir un discours aussi bien qu'une pelouse verte.

Sauf sur un point, et il est méthodologique : nous n'avons pas choisi nos angles, nous sommes allés chercher les siens. C'est une contrainte, pas une liberté. Quand on doit retrouver le point de vue exact d'une photo qu'on n'a pas prise, on ne peut pas sélectionner le cadrage qui arrange : on prend celui qu'on trouve, ou on rentre les mains vides — ce qui nous est arrivé pour « Les remparts ».

Et il faut dire ce qui a été : ce fut un vrai plaisir. Chercher depuis quel mètre de berge le photographe s'était posté à la Gare d'eau, monter à Beauregard pour comprendre d'où la Citadelle se découpe comme ça, se tromper, revenir — c'est un excellent jeu de piste, et le prétexte parfait pour traverser sa ville un vendredi d'août.

Alors merci, monsieur le maire. Vos cartes postales nous ont fait parcourir Besançon pour retrouver leurs originaux. C'est exactement ce qu'une carte postale est censée provoquer, et de ce point de vue, elles ont parfaitement fonctionné.

Il ne leur manque qu'une chose, celle qui distingue nos images des vôtres : une date, un lieu, un auteur, et des fichiers d'origine disponibles.

"
C'est tout ce que je demande aux quatre autres.

Article rédigé le 10 août 2026. Les photographies de comparaison ont été prises le 7 août 2026 par Christine et moi-même. Aucune retouche, aucun filtre, aucune correction colorimétrique n'a été appliquée. Toutes les pièces — cartes d'origine, photos brutes, montages, arrêté préfectoral — sont disponibles sur demande.